NOAILLES, Anna, princesse Branconvan, comtesse Ma… 56 Cest pourquoi elles ne seront pas traitées de façon analytique dans linterprétation qui sensuit Au XVII e siècle le mot amant désigne une personne qui aime et est aimée. Je crois, dit Mme la dauphine, quelle le sait aussi bien que vous savez le sien. la rencontre au bal la princesse de clèves commentaire la rencontre au bal la princesse de clèves commentaire.. Les occurrences d étonnement l et d admiration l appellent les mêmes remarques que supra. La surprise est théâtralisée ici par le vacarme que fait Nemours en entrant entrée remarquée en effet puisque non seulement elle sannonce par un assez grand bruit vers la porte de la salle l mais aussi elle se distingue par la souplesse et la hardiesse dont fait preuve Nemours qui passait par-dessus quelques sièges pour arriver où lon dansait l 89. Le lexique de la vue est également très abondant : elle cherchait des yeux l Elle se tourna et vit L.. Le roman se construit sur une interaction entre le temps historique et la durée, qui relève de lintime. Corpus annexe: topos de la rencontre amoureuse Dissertation Mon avis: Cest un roman court qui se lit vite, dans lequel les émotions sont intenses. Seuls bémols: la langue, forcément désuette donc un problème de forme, et les personnages très nombreux qui font un peu tourner la tête un problème de fond, donc. On est quelquefois aussi différent de soi-même que des autres Maximes Leurs vues réciproques provoquent un étonnement de nêtre surpris de sa beauté, Soyez attentifs aux lieux et aux objets, ils sont souvent symboliques. Elle passa tout le jour des fiançailles chez elle à se parer, pour se trouver le soir au bal et au festin royal qui se faisaient au Louvre. Lorsquelle arriva, lon admira sa beauté et sa parure. Le bal commença ; et, comme elle dansait avec M. De Guise, il se fit un assez grand bruit vers la porte de la salle, comme de quelquun qui entrait et à qui on faisait place. Madame de Clèves acheva de danser ; et, pendant quelle cherchait des yeux quelquun quelle avait dessein de prendre, le roi lui cria de prendre celui qui arrivait. Elle se tourna, et vit un homme quelle crut dabord ne pouvoir être que M. De Nemours, qui passait par-dessus quelque siège pour arriver où lon dansait. Ce prince était fait dune sorte quil était difficile de nêtre pas surprise de le voir, quand on ne lavait jamais vu ; sur-tout ce soir-là, où le soin quil avait pris de se parer augmentait encore lair brillant qui était dans sa personne : mais il était difficile aussi de voir madame de Clèves pour la première fois sans avoir un grand étonnement. Cas social parmi les autres. Tout ce que jaime de ma vie, tout ce qui ma Dissertations, mémoires, comptes-rendus de lecture, fiches de lectures, exemples du BAC Dans lexpression du sentiment, la récurrence des thèmes de la surprise et du hasard. Cest notamment le cas lors des scènes de rencontre. Chez le joaillier par exemple, nous notons linsistance dans les réactions du prince de Clèves : Il fut tellement surpris de sa beauté quil ne put cacher sa surprise. De même, la surprise est soulignée dans la rencontre au bal, aussi bien pour la Princesse, il était difficile de ne pas être surprise de le voir quand on ne lavait jamais vu, que pour le duc de Nemours, tellement surpris de sa beauté. Mais de nombreux autres exemples pourraient être relevés, où létonnement est mis en valeur, aussi bien face à autrui que face à ses propres sentiments, qui font que les personnages se sentent étrangers à eux-mêmes. Fièvres continues, avec des transports au cerveau, de bonnes fièvres pourprées, la rencontre au bal la princesse de clèves commentaire Une réflexion au sujet de Exemple de commentaire composé au bac : La princesse de Clèves la scène du bal 34 Si M. De Nemours, il est vrai, ne sait pas, à proprement parler, quil va rencontrer Mme de Clèves, il doit pourtant sy attendre; mais Mme de Clèves, elle, ne sattend aucunement à rencontrer M. De Nemours. La princesse reste ainsi mise à lécart au début de la quatrième et dernière partie. Nous apprenons seulement quelle ne désire pas suivre la cour au sacre du nouveau roi à Reims, préférant se retirer à la campagne afin de prendre lair et songer à sa santé, prétexte commode par lequel lauteur informe discrètement le lecteur de laffliction de la jeune femme. Mais la scène suivante nous livre explicitement les secrets des cœurs : Nemours, désespéré, se rend chez elle. Agitée et troublée, elle prend la résolution déviter la chose du monde quelle souhaite peut-être le plus : le recevoir. Dès quil est parti, elle regrette sa décision, selon les revirements coutumiers dun cœur amoureux. Une méprise vient aggraver la situation : son époux apprend que des dames de la cour, ayant rendu visite à sa femme, y ont laissé Nemours, ce qui est vrai, mais elle ne la pas vue, ce quil ignore. Il lui demande donc des comptes sur son emploi du temps, elle lui répond volontiers, sans citer Nemours. Sensuit alors une série de questions rhétoriques du prince, précises, lucides et passionnées à la fois. Assez finement, elle sétonne quon puisse lui reprocher de ne lavoir pas vu. Il semporte et se déclare le plus malheureux de tous les hommes. Elle lui répond tristement, comme emplie de lassitude devant son injustice, déjà loin, semble-t-il, de ces querelles, abandonnant le combat. Il la quitte mais lui envoie une lettre pleine daffliction, dhonnêteté et de douceur, entrant comme son épouse dans le jeu sans fin des contradictions, le jeu identique et éternel de lamour : Mme de Clèves nest pas une exception. Elle lui répond sur un mode apaisant, lassurant de sa fidélité, le rassurant sur sa conduite passée et à venir. Lorsquils sont à nouveau réunis, lalternance des sentiments sintensifie, entre son amitié pour lui et lidée de M. De Nemours. Son époux parti, Nemours aussi, elle est confrontée pour la première fois à labsence cruelle de lêtre aimé, dépourvue de toute crainte ou espoir de le rencontrer. Cette vacuité dune existence vaine est interrompue par son séjour à Coulommiers où elle fait porter des copies de tableaux représentant les exploits du roi, notamment la bataille de Metz, où figure Nemours qui lui a peut-être donné envie davoir ce tableau. Peut-être? Quel but poursuit donc ici Mme de La Fayette? Il nest plus possible dégarer le lecteur sur les sentiments de la princesse. Veut-elle nous faire comprendre ainsi, bien au contraire, que la décision est prise de ne plus revoir Nemours? Que cette retraite à la campagne est définitive? Et que donc, voir Nemours sur un tableau est la seule consolation quelle saccorde? On pressent déjà comme une distance entre la princesse et ses sentiments, qui prépare le refus final. Menant une vie de recluse, loin des domestiques, elle accueille avec joie son amie, Mme de Martigues, qui ignore tout de sa passion partagée : ainsi pourra-t-elle mieux oublier. Elles conversent agréablement le soir dans le jardin. Elle reprend ensuite sa vie solitaire, sadonnant librement à son idée fixe : Nemours. Il la surprend à regarder son portrait avec une attention et une rêverie que la passion seule peut donner. Il hésite à se montrer et à lui parler, renonce, mais un geste maladroit le fait découvrir. Elle choisit la fuite et, trop émue, se déclare malade à ses domestiques, restées dans le pavillon. Elle y passe la nuit, craignant sa proximité. Peur et lâcheté la submergent. Cette fois, au refus de la parole sajoute celui de la vue directe. Linterdit envahit son esprit, toute transgression serait un crime. Nemours revient le lendemain mais elle ne descend pas au jardin, peu sûre de sa force de résistance mais ne voulant pas modifier sa conduite impitoyable pour elle et pour lui. Nemours ne savoue pas battu et requiert sa sœur, Mme de Mercœur : il laccompagnera chez la princesse pour une visite de politesse. La conversation porte sur des choses indifférentes mais la princesse montre de la colère et de la froideur, une froideur qui sévanouit bien vite. Le visage possède aussi son langage. Il évoque la beauté du pavillon. Mme de Mercœur sétonne car il semble bien le connaître. La princesse lui répond quil ny est jamais entré, Nemours la détrompe en sadressant directement à elle et en la regardant. La princesse rougit et répond en baissant les yeux sans regarder M. De Nemours : elle na aucun souvenir de sa visite. Nemours lui réplique quil y passa les plus doux et les plus cruels moments de sa vie. Elle se tait. Mme de Mercœur va bientôt partir, la princesse craint de se retrouver seule avec Nemours et décide de la suivre dans son carrosse jusquà lorée des bois, ce qui laisse Nemours fort déconfit. Elle a donc appris lart du refus implicite. Hélas, Nemours a été suivi durant ces deux jours sur lordre de M. De Clèves, auquel on fait un rapport des faits bruts : il est entré deux nuits de suite dans le jardin et il a rendu visite à la princesse avec Mme de Mercœur. Le prince, accablé, tombe gravement malade et lon vient chercher son épouse. Il laccueille avec quelque chose de si froid et de si glacé pour elle quelle en fut extrêmement surprise et affligée et il accepte à peine ses soins. Au lieu de linterroger, la princesse pense à un effet de la maladie. Et la terrible méprise sinstalle définitivement, alors quune prise de parole aurait sans doute tout arrangé. Mais la princesse ignore la ruse de son époux. On peut lire ici un sous-entendu de lauteur à propos des silences bienvenus ou malvenus qui visent ici le prince en premier lieu. Arrivé à la dernière extrémité, il accepte douvrir son cœur à la princesse, qui se contente de se mettre à genoux devant son lit, le visage tout couvert de larmes. La méprise est cruelle. Aussi se défend-elle vigoureusement : Moi, des crimes! Elle nie tout en bloc, et à juste titre, en répétant quatre fois jamais. Il ne la croit pas et ses larmes ou sa douleur lui ôtent la parole. Il convient de noter le ou, que lon peut mettre en parallèle avec le peut-être évoqué plus haut. Encore une fois, lauteur prend du recul avec son personnage et semble moins simpliquer. Faut-il y voir une lassitude? La princesse continue courageusement sur le mode impératif : Regardez-moi, Écoutez-moi. En fin de compte, elle a saisi limportance du regard et de la voix. Mais la parole sest fait trop attendre : Vous mavez éclairci trop tard. Après sa mort, lauteur, en un court paragraphe, résume la réaction désespérée de la princesse qui se juge finalement la cause de sa mort et éprouve de l horreur pour elle-même. Elle senferme alors chez elle, décidée à ignorer le monde extérieur, surtout Nemours, ayant défendu quon lui rendît compte de ceux qui liraient chercher, obsédée par son discours intérieur tournant autour de lidée fixe de sa culpabilité, oubliant Nemours, ne pensant plus quau prince : Mais toutes ces douleurs se confondaient dans celle de la perte de son mari, et elle croyait nen avoir point dautre. Après des mois daffliction violente, elle sombre dans la langueur et trouve peu dintérêt aux bavardages divertissants de Mme de Martigues. Seule la mention du nom de Nemours provoque une réaction : elle rougit et change de sujet. La princesse se trompait donc en croyant navoir point dautre source de douleur que la mort de son époux. En effet, si elle ne lentend plus elle le voit par hasard, sassoit sur le banc quil vient de quitter et se remémore son amour. Discours silencieux quelle conclut par un constat : plus de devoir, plus de vertu ne tiennent ; ils sont libres de saimer. Vraiment? Aussitôt, des pensées contraires jaillissent dans son esprit : le prince ne lui avait-il pas témoigné la crainte quelle ne lépouse à sa mort? Après deux heures de réflexion silencieuse, la raison et la vertu lemportent : il faut fuir Nemours, contre lavis de son cœur. La contradiction se manifeste dès le lendemain matin : elle se met à la fenêtre doù, lui a-t-on dit, il peut lapercevoir de la maison den face ; ils se voient, elle se cache aussitôt. Nemours sarrange pour obtenir un rendez-vous clandestin chez le vidame de Chartres. À sa vue, la princesse rougit. Silence troublé des deux amants, rompu par Nemours, plus courageux. La princesse se protège en alléguant son état et sa réputation et veut sen aller. Nemours la retient et répète Écoutez-moi, écoutez-moi. Et la princesse cède pour la première fois, regardant Nemours avec des yeux pleins de douceur et de charmes, appuyant son regard de paroles tendres, espérant pour lui un bonheur quelle ne peut lui donner. Elle sassied, preuve quelle est décidée à aborder la situation avec sincérité, déclare quelle lui a pardonné les malentendus il y a longtemps et avoue enfin son amour pour lui. Aveu dimportance! Stendhal remarque dans : Le bonheur du duc de Nemours quand Mme de Clèves lui dit quelle laime est, je crois, au-dessus du bonheur de Napoléon à Marengo. Il expire en effet de joie et de transport. Mais cet aveu est également désaveu : il naura point de suite, et je suivrai les règles austères que mon devoir mimpose, précise-t-elle. Un devoir quelle sinvente, un fantôme de devoir, ajoute Nemours, comme un maléfice. Elle accepte de sexpliquer longuement et librement pour la seule fois de sa vie constatant tranquillement : les passions peuvent me conduire, mais elles ne sauraient maveugler. Selon elle, Nemours naura pas la constance de laimer éternellement car cest précisément lobstacle qui a fait grandir sa passion ; il est galant ; leur passion ne durera pas toujours ; elle sera jalouse et éprouvera une douleur mortelle et ne pourra pas le quereller puisque si on fait des reproches à un amant on ne peut en faire à un époux. Notons encore ici une allusion au statut du mariage à cette époque où il est entendu que les époux ne saiment pas. Et, bien entendu, elle ne peut oublier que Nemours est cause de la mort de M. De Clèves. Elle est consciente de la difficulté du combat, se défie de ses forces mais elle est soutenue par lintérêt de son repos qui est celui de son devoir. Elle se privera de sa vue qui serait un crime, sûre de ses résolutions morales. Toutefois, elle ne reste pas insensible au désespoir de Nemours quelle regarde avec des yeux un peu grossis par les larmes. Par les tournures interrogatives, elle exprime ses regrets de ne pas lavoir rencontré plus tôt, elle accuse la destinée, le fatum des tragédies antiques et lobstacle invincible. Nemours la reprend : le seul obstacle, cest elle, et la loi quelle simpose, loin de toute vertu ou raison. Elle admet que le sacrifice nexiste que dans son imagination et lui laisse un espoir : la mort du prince est trop récente. Mais cette conversation lui fait honte et elle la termine sur un Adieu qui semble définitif. La nuit se passe pour elle en un long monologue intérieur où elle ressasse son état en phases contradictoires : la joie et la honte davoir osé avouer son amour, la douleur de trouver son devoir si difficile, la force de la vertu et de la raison. La bienséance lui accorde quelque temps pour adopter une résolution définitive mais elle décide fermement de ne pas voir pas encore le duc. À son oncle le vidame, elle oppose un refus catégorique, désirant demeurer dans létat où elle se trouvait. Il lui envoie deux lettres où il plaide la cause de Nemours qui ajoute quelques lignes de sa main. Elle réagit violemment, interdisant tout commerce épistolaire. Plus de communication verbale ni écrite. On voit comment lauteur annonce le silence définitif. Jugeant que la distance laiderait à respecter la bienséance, elle sabsente dans ses terres lointaines vers les Pyrénées, autrement dit au bout du monde, en ces temps où parcourir dix lieues nécessitait au moins une journée de voyage. À la distance sajoute le temps qui passe où elle soblige à se souvenir de son époux pour mieux oublier Nemours. Elle tombe alors dans une maladie violente, peut-être mortelle. Le corps ne peut soutenir une telle violence faite à lesprit qui sacrifie un amour réel à un devoir fictif. Elle se remet toutefois et, se découvrant toujours éprise de Nemours, mène un rude combat dont elle croit sortir victorieuse en entrant dans un couvent : retraite définitive, enfermement et reniement du monde. Les médiations de la reine et du vidame restent vaines. Nemours en personne veut lui rendre visite. Elle lui fait dire quil y aurait du péril à le revoir, son devoir et son repos sopposant à son penchant pour lui ; pire, elle ne songe plus quà limportance de la vie de lau-delà et elle lui souhaite les mêmes préoccupations. Pire encore, elle ne veut pas savoir ce quil en pense. Notons que la transmission de la parole se fait par personne interposée, comme au début du roman, mais le refus en est la cause et non plus la timidité : la princesse ne se permet aucune transgression. Pour un amant passionné, cest une absurde et terrible fin de non-recevoir, une dénégation glacée. Pour la princesse, cest le triomphe dun amour non-advenu qui meurt dans le plus rigoureux silence. Remarquons que tout dialogue est interrompu depuis lentrevue chez le vidame, augurant du silence final et de la retraite définitive qui clôturent louvrage. Une retraite annoncée par les nombreux séjours à la maison de campagne de Coulommiers, toujours interrompus. Mais cette fois, nul sursaut du cœur ne viendra interrompre une existence désormais vouée aux occupations plus saintes que celles des couvents les plus austères et qui sera assez courte. Mme de La Fayette propose un récit dépouillé pour ce dénouement laconique où le renoncement, le silence et labsence étouffent la vie réelle en même temps que lamour. Cependant, lauteur prend soin de sabsenter en quelque sorte de ces dernières lignes, ne prenant pas parti et restant dans lambiguïté : lépilogue est-il une défaite ou une victoire? En entrant définitivement dans le silence, la princesse de Clèves devient véritablement La Princesse de Clèves, roman entré dans limmortalité littéraire.